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Les infrastructures sportives sous pression – pourquoi les projets de construction deviennent de plus en plus complexes

10. 07 2026 - Actualité

Dans le cadre de l’Assemblée générale 2026 de l’ASSS, Nicole Baur, présidente de l’ASSA Suisse et conseillère communale de Neuchâtel, Suzanne Marclay-Merz, présidente de l’ASSS Suisse alémanique et conseillère communale d’Aarau, Joëlle Zimmerli, directrice de Zimraum GmbH, ainsi que le Prof. Dr Alain Griffel de l’Université de Zurich ont débattu des défis croissants liés à la construction et à la rénovation des installations sportives. La discussion était animée par Corina Gredig, secrétaire générale de l’ASSS.

Les échanges ont porté sur les difficultés grandissantes à réaliser, dans des délais raisonnables, des infrastructures sportives pourtant indispensables et d’un intérêt public évident. Cette réflexion est née de l’augmentation des oppositions aux projets, de la complexification des procédures de planification et d’autorisation, ainsi que de la question de savoir comment mieux prendre en compte l’intérêt public des installations sportives à l’avenir. Pour les villes et les communes, les retards ou les blocages des projets d’infrastructures sportives constituent un défi majeur, car ils compliquent considérablement la réponse à la demande croissante d’espaces dédiés au sport et à l’activité physique.

Une étude réalisée en 2025 pour l’Office fédéral du développement territorial (ARE) et l’Office fédéral du logement (OFL) montre que ces défis ne concernent pas uniquement les installations sportives. Les grands projets d’infrastructure sont, de manière générale, de plus en plus confrontés aux tensions entre densification urbaine, protection de l’environnement, mobilité et intérêts sociétaux parfois divergents.

D’une part, le développement vers l’intérieur des zones bâties et la densification urbaine font que les installations sportives se situent aujourd’hui beaucoup plus près des quartiers résidentiels qu’il y a quelques décennies. Des questions telles que le bruit, les émissions lumineuses ou l’augmentation du trafic prennent ainsi une importance croissante. D’autre part, les procédures de planification ont elles aussi évolué : les plans d’affectation spéciaux, les concours d’architecture et les procédures d’autorisation de plus en plus complexes allongent les délais et offrent davantage de possibilités de recours.

À cela s’ajoute une évolution de la société. Alors qu’autrefois les oppositions provenaient principalement des riverains directement concernés, cet instrument est aujourd’hui de plus en plus utilisé par des personnes ou des groupes qui expriment une opposition de principe aux projets de densification ou aux infrastructures. Parallèlement, la jurisprudence a progressivement élargi le droit de recours au cours des dernières années, augmentant ainsi le nombre de personnes habilitées à déposer une opposition.

Les discussions ont clairement montré qu’il n’existe pas de solution simple. Il est nécessaire d’agir à plusieurs niveaux. Une qualité élevée des projets, tant sur le plan de la planification que sur le plan juridique, permet de réduire le risque d’oppositions aboutissant. Une communication précoce et des processus de participation soigneusement conçus sont tout aussi essentiels. Ils favorisent l’acceptation des projets, sans toutefois empêcher systématiquement les recours ultérieurs.

Plusieurs intervenants ont également souligné que l’intérêt public des infrastructures sportives devrait être davantage pris en considération à l’avenir. Il a également été relevé que les oppositions abusives ou finalement rejetées entraînent aujourd’hui des coûts importants et des retards considérables, alors que leurs auteurs ne supportent que très peu de conséquences financières. Différentes pistes d’adaptation du cadre juridique ont été évoquées, avec un consensus sur la nécessité de concevoir toute réforme de manière équilibrée afin de préserver pleinement les garanties de l’État de droit et les droits de la population.

Parmi les autres domaines d’action figurent la simplification et l’harmonisation des réglementations complexes en matière de construction, l’élaboration de bases légales de qualité ainsi que le renforcement des échanges d’expériences entre la Confédération, les cantons et les communes. Des exemples provenant d’autres pays, notamment des Pays-Bas, montrent que des procédures accélérées, après des processus de participation aboutis, pourraient également constituer une piste intéressante.

La table ronde a mis en évidence un constat clair : les besoins en infrastructures sportives modernes continuent d’augmenter, tandis que les exigences en matière de planification et d’autorisation deviennent toujours plus élevées. Pour garantir durablement des infrastructures sportives adaptées aux besoins de la population, il est indispensable de développer des projets de grande qualité, de maintenir un dialogue constructif avec la population et de disposer d’un cadre juridique permettant de concilier de manière équilibrée les droits de participation et l’intérêt public.

Les principales conclusions sont également présentées dans le rapport interne de l’ASSS « Oppositions aux projets de construction ».